En quelques mots...
Le dioxyde d'azote, les particules PM10 et le benzène continuent à baisser, mais les PM2.5 et l'ozone marquent le pas. Si la tendance générale est à la baisse depuis plus de 30 ans (sauf pour l'ozone), les variations d'une année sur l'autre ne vont pas toujours dans le même sens. Ainsi les concentrations de PM2.5 et d'ozone sont en légère hausse en 2025 par rapport à 2024. Concernant l'ozone, rien de surprenant : le niveau de fond de ce polluant est globalement stable depuis une trentaine d'année, ne suivant que les variations météorologiques estivales. Pour les PM2.5, cela fait plusieurs années que les concentrations semblent diminuer de plus en plus lentement, jusqu'à remonter légèrement en 2025. Seules les prochaines années pourront confirmer s'il s'agit d'un événement ponctuel ou d'un changement de tendance. Ce n'est pas un signal très encourageant dans la mesure où les PM2.5 sont le polluant avec le principal effet sanitaire d'après Santé Publique France, et où la nouvelle réglementation va devenir plus exigeante d'ici 2030 sous la pression européenne.
La baisse tendancielle de ces dernières décennies a pu avoir lieu grâce aux exigences réglementaires croissantes, notamment européennes, et relayées par des améliorations technologiques et organisationnelles dans tous les secteurs d'activités. Cependant, même pour les polluants qui continuent à baisser, le rythme d'amélioration n'est pas suffisant pour espérer un respect dans les centres urbains des valeurs limites fixées pour 2030 par la nouvelle directive européenne. Bien que de nombreux plans nationaux et locaux visent à limiter les sources de pollution, des réductions supplémentaires des émissions sont nécessaires pour atteindre ces nouveaux objectifs, ainsi que ceux, plus lointains, fixés par l’OMS. C'est particulièrement vrai pour le chauffage domestique, responsables de près des deux tiers des émissions de PM2.5.
Au-delà de l'aspect réglementaire, l'objectif reste celui de protéger la santé des populations et les écosystèmes sur lesquels reposent notre société.
Selon les polluants, une implication variable des secteurs d'activités
Les particules (PM10 et PM2.5) proviennent en majorité :
- de la combustion de différents matériaux pour le chauffage (bois et fuel),
- du transport routier (résidus de combustion pour les véhicules thermiques, usure des pneumatiques, des freins et de la route par frottement pour tous les véhicules…),
- d’activités industrielles très diverses (sidérurgie, incinération, chaufferie),
- du brûlage de la biomasse (incendie, déchets verts).
Certaines particules se forment dans l’air ambiant sous l’effet de réactions chimiques entre polluants gazeux (COV…), après l'émission de ceux-ci, notamment en même temps que la formation d’ozone en été. Ces particules, nommés Aérosols Organiques Secondaires (AOS) se classent généralement dans la catégorie des Particules Ultrafines (PUF)
Le dioxyde d’azote (NO₂) est émis lors des phénomènes de combustion à haute température, principalement par réaction entre l’azote et l’oxygène de l’air. Les sources principales sont le transport routier et maritime, ainsi que les installations de combustion industrielles.
L’ozone (O₃) n’est pas directement rejeté par une source de pollution : il est produit directement dans l’air ambiant par réactions « photochimiques », sous l’action du rayonnement solaire UV. Ces réactions transforment certains polluants dits précurseurs, oxydes d’azote (NOx) et composés organiques volatils (COV), en composés secondaires, dont l’ozone et d’autres composés irritants. Les précurseurs proviennent du trafic routier et maritime, de certains procédés et stockages industriels, et du secteur résidentiel. Une fois dans l'air ambiant, l'ozone va à son tour contribuer à la formation d'autres polluants (PUF, acide nitrique...). En altitude, l'ozone a une durée de vie de plusieurs semaines et peut voyager au gré des vents de la troposphère libre. De ce fait, plus de la moitié du niveau de fond en ozone observé localement au niveau du sol n’est pas produit dans la région, mais est issu du déplacement des masses d’air à l’échelle du continent et au-delà (Amérique du Nord, Asie).
Les sources principales du dioxyde de soufre (SO₂) sont les centrales thermiques et les grosses installations de combustion industrielles.
La baisse des concentrations moyennes sur les 30 dernières années en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur est observée pour l’ensemble des principaux indicateurs de la pollution, exception faite de l’ozone dont les niveaux sont très dépendants des conditions météorologiques et du niveau de fond de l'hémisphère nord.
Cette baisse est attribuée à la réduction des émissions, principalement par les transports routiers et l’industrie, dans le cadre de l’évolution de la réglementation et des plans et programmes déployés dans les territoires, comme les plans de protection de l’atmosphère (PPA). La baisse des émissions est obtenue grâce à :
- l'arrêt ou la réduction de certaines activités polluantes (réduction de la demande de transports, remplacement de la voiture individuelle par d’autres modes),
- la baisse de la consommation d'énergie grâce à l’amélioration de la performance énergétique des motorisations et des processus de combustion,
- le remplacement d'énergies fossiles par des énergies non carbonées (électrification des usages),
- l’utilisation de carburants de meilleure qualité (moins soufré pour l’industrie par exemple),
- le recours à des moyens d’abattement et de filtration avant émission dans l’air.
➥ Guide de lecture
Le graphique ci-dessus est construit à partir des données d’observation dans les stations de mesure. Le point annuel est obtenu à partir des mesures du polluant considéré, moyennées sur l’ensemble des stations. La moyenne de l’année 2000 est ramenée à une base de 100 %. Les évolutions sur les années suivantes sont construites en calculant les moyennes des pentes pour éviter l’influence des arrêts et démarrages de mesures, et rendre compte de la tendance générale pour l’ensemble de la région.
La baisse des concentrations de NO₂ semble se poursuivre au même rythme que ces dernières décennies. En revanche, la diminution des niveaux de PM tend à ralentir progressivement, jusqu'à l'arrêt en 2025 pour les PM2.5. L’ozone, lui reste stable aux variations météorologiques près. Ces baisses sont notamment attribuées à la diminution des émissions. Entre 2013 et 2023, les émissions de polluants ont été réduites de 37 % pour les NOx, 33 % pour les PM10, 36 % pour les PM2,5 (si on exclue les incendies de forêt, très variables d’une année sur l’autre), et jusqu’à 61 % pour le SO₂. À noter que les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont baissé de 22 % sur la même période.
Et pour les autres polluants ? D'autres polluants réglementaires sont également mesurés : le monoxyde de carbone, les métaux toxiques particulaires arsenic, cadmium, nickel, plomb, les HAP dont le benzo(a)pyrène, et des Composés Organiques Volatils (COV) comme le benzène. La surveillance ne se limite cependant pas aux polluants réglementaires. Afin de mieux comprendre les mécanismes de la pollution atmosphérique, ses sources et ses impacts, AtmoSud développe et adapte son dispositif de surveillance : mesure d'autres Composés Organiques Volatils (COV) et notamment les plus toxiques comme le 1,3-butadiène, 1,2-dichloroéthane ou le chlorure de vinyle monomère, des Particules Utrafines >10 nm (PUF), du Black Carbon (BC) issu de la combustion de biomasse (wb) de de combustibles fossiles (ff), du Potentiel Oxydant des Particules (PO), des pesticides, ainsi que la mesure en ligne des métaux, des ions chlorure, nitrates, ammonium et sulfates, et de la matière organique... Toutes ces données sont consultables sur notre site internet.