Dioxyde d'azote (NO₂)

Le dioxyde d’azote (NO2) est un gaz polluant majeur qui joue un rôle central dans la dégradation de la qualité de l’air, en particulier dans les zones urbaines. Il appartient à la famille des oxydes d’azote (NOx) et est principalement émis lors des processus de combustion, notamment par le trafic routier, les installations industrielles, les navires et les systèmes de chauffage. Invisible à l’œil nu mais nocif pour la santé, le NO2 est aujourd’hui considéré comme un indicateur clé de la pollution atmosphérique.

Une fois libéré dans l’atmosphère, le dioxyde d’azote participe à des réactions chimiques complexes qui contribuent à la formation d’autres polluants secondaires, comme l’ozone troposphérique et les particules fines. Ces interactions aggravent les épisodes de pollution et accentuent leurs impacts sur l’environnement et la santé humaine. L’exposition au NO2 est associée à des effets respiratoires, notamment une irritation des voies aériennes et une aggravation de maladies comme l’asthme.

Afin de réduire l’exposition à ce polluant, l’Europe, l’État et les collectivités mettent en œuvre différents plans d’action :

  • à l’échelle nationale, européenne et mondiale, différents plans d’actions sont mis en œuvre : convention LRTAP (pollution atmosphérique transfrontière), “Zéro pollution” pour 2050 , plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA), Directive (UE) 2024/2881 sur la qualité de l’air ambiant.
  • au niveau local avec :
    • les plans de protection de l’atmosphère (PPA),
    • les plans de déplacements mobilité (PDM).
    • les zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m),
    • le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET).

Pour le dioxyde d’azote, les concentrations annuelles ont respecté pendant 2 ans la réglementation pour tous les sites de mesure de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette année un nouveau site de proximité du trafic routier a été équipé sur Marseille Plombières afin de qualifier le maximum d’exposition à proximité de cette source. La valeur limite n’est pas respectée sur ce nouveau site en 2025. La tendance des mesures en 2025 reste à amélioration sur ce polluant.

La modélisation permettant l’accès à l’information dans les lieux dépourvus de sites permanents révèle encore quelques dépassements localisés de la valeur réglementaire annuelle (40 µg/m3) en grande proximité du trafic. Ces dépassements de la valeur limite actuelle sont observés dans les centres urbains de Marseille et de Nice, et conduisent à l’exposition d’environ 700 personnes à ces fortes concentrations ; soit 0,01 %, un chiffre faible et en baisse.

Concentrations moyennes annuelles de dioxyde d’azote dans la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2025

À l’horizon 2030, la directive européenne a abaissé le seuil moyen annuel à 20 µg/m3). Ce seuil reste dépassé en 2025 sur les principales agglomérations de la région, aux voies de circulation environnantes et à la zone industrielle de Fos-sur-Mer/Berre-l’Étang. Bien que ce nouveau seuil soit déjà respecté sur la ZAS régionale, 12 % des habitants de la région sont exposés à des niveaux de NO2 supérieurs à cette valeur.

La référence à la ligne directrice de l’OMS a été abaissée drastiquement en 2021 pour le NO2, elle est désormais fixée à 10 µg/m3. Les habitants de la région en 2025 restent exposés à des niveaux supérieurs à ce seuil pour plus de 52 % d'entre eux. De fait, ce seuil n'est respecté que sur 2 des 21 sites de surveillance de la région.

Malgré une amélioration de l’exposition depuis 2015 (-38 % de personnes exposées), plus de 2.72 millions de personnes respirent un air dont la concentration annuelle en dioxyde d’azote dépasse (10 µg/m3), ce qui renforce la nécessité de perpétuer les actions vers une mobilité durable moins polluante.

Les plans d’action pour réduire l’impact du trafic routier agissent prioritairement sur les zones de fortes concentrations, ce qui explique une baisse de l’exposition à ces fortes valeurs. L’amélioration pour le niveau de fond est plus lente car dépendante également des actions sur les autres sources (chauffage, industrie).

En raison d’une plus faible densité de population et de réseau routier, la population des départements alpins est moins exposée aux dépassements de valeurs réglementaires. Avec la valeur limite à respecter pour 2030, les Bouches-du-Rhône reste le département avec le plus d’habitants exposés, suivi par les Alpes-Maritimes et le Var.