Depuis 2012, les émissions régionales sont en diminution de 30 % malgré des hausses en 2016-2017 et 2021-2022, liées aux incendies de forêt qui ont touché la région Sud.
Cette décroissance s'est accentuée pour certains secteurs en 2020, avec les restrictions de déplacement et de production durant la crise sanitaire. C’est le cas pour les trois principaux contributeurs, dont les baisses régulières résultent des actions et plans de réduction : le résidentiel (-24 %), le transport routier (-23 %) et l'industrie (-55 %) ainsi que pour la production d’énergie (-75 %) et le tertiaire (-37 %). L’amélioration pour le secteur du transport routier est moindre car les actions sur la motorisation des véhicules (efficaces également sur les oxydes d’azote) ne concernent que les particules issues de la combustion soit 50 % des émissions, l’autre moitié des particules émises est due au déplacement : remise en suspension, abrasion des freins et frottement des pneus et de la route. Ainsi, seule l’absence de déplacement est efficace pour une réduction des émissions.
C’est ce qui a été également observé dans le secteur aérien en 2020 dont les particules proviennent à 83 % des mécanismes de frottement et d’abrasion. Ainsi, les restrictions de circulation mises en place lors de la pandémie ont entrainé une chute drastique de ses émissions (-51 % par rapport à 2012), venant stopper une légère tendance à la hausse. En 2023, les émissions retrouvent leur niveau maximal de 2019. Représentant moins de 1 % des émissions régionales, ces évolutions ont peu d’influence sur le bilan régional, à l’instar de la hausse progressive depuis 2013 des émissions du secteur maritime.
L’agriculture, 4emecontributeur de PM10 avec 7,3 % des émissions régionales, montre une légère augmentation depuis 2013 (+4 %), liée à la combustion de produits pétroliers mais sans conséquence sur la tendance générale à l’amélioration.
A l'inverse, les émissions des incendies de forêt peuvent fortement peser sur le bilan régional, jusqu'à (15 %) en 2016-2017 (avec 14 422 ha brûlés) et en 2016-2017(avec 13 779 ha brûlés). Aussi en 2022, des campagnes nationales de sensibilisation ont été menées afin de limiter la négligence mais les facteurs météorologiques et la malveillance rendent complexe l’évaluation des actions de prévention de ce secteur. Toutefois, une décroissance des surfaces incendiées est observée les deux années suivantes, ce secteur ne comptant, en 2023, plus que pour 2 % des émissions régionales de PM10. En 2025, la région Sud voit 1 635 ha de végétation partir en fumées, augurant une hausse des émissions de PM10 pour cette année.
Pour tous les départements, les évolutions des 3 grands secteurs sont similaires. Les secteurs moins contributeurs montrent quelques différences selon les spécificités départementales (aérien pour les Alpes-Maritimes, agriculture pour les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et le Vaucluse, fluvial pour le Vaucluse).
Les incendies de forêt ont fortement impacté les émissions pour le Var en 2017, 2021 et 2022 et les Bouches-du-Rhône en 2016 et 2022.
Les émissions résultent d’un calcul théorique. Elles peuvent ne pas correspondre aux concentrations, qui elles sont mesurées, tiennent compte des réactions chimiques entre polluants et de l’influence de la météorologie.
Le taux moyen de PM10 mesuré dans l’air ambiant diminue progressivement en région Sud depuis 2012.
Cette décroissance est le résultat des actions de réduction des différents plans nationaux ou régionaux qui visent à limiter les émissions des 3 secteurs les plus émissifs que sont le résidentiel, l’industrie et le transport routier. L’efficacité de ces programmes est ainsi constatée sur les concentrations enregistrées par AtmoSud avec une baisse sur les sites de fond urbains, les sites industriels et en proximité du trafic, même s’ils restent encore les plus exposés aux particules. Des variations sont néanmoins observées selon les années, en raison de l’influence des conditions météorologiques, d’évènements locaux ou de du nombre de sites pris en compte.