L'indice Atmo est un indice français, quotidien, agrégé à la commune. Il reprend les mêmes qualificatifs que l'indice européen (EAQI) et est basé sur les anciennes règles de calcul de cet indice (avant avril 2025). L'agrégation à la commune et à la journée permet de fournir une information plus simple au grand public, mais présente le désavantage de masquer les variations parfois fortes qui existent généralement au sein d'une commune (notamment les plus urbanisées).
L’indice ATMO est majoritairement moyen dans les communes de la région.
La figure ci-dessous illustre la répartition de l’indice ATMO pour l’année 2025 dans neuf communes de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). De manière générale, la majorité des journées sont associées à un indice qualifié de "moyen", représentant entre 57 % et 78 % de l’année selon les communes. L’indice "dégradé" constitue le deuxième indice le plus fréquent, avec une occurrence comprise entre 18 % et 33 % des jours. En revanche, les journées caractérisées par un indice "bon" demeurent marginales, représentant moins de 5 % des cas pour l’ensemble des communes étudiées. Les communes de la région présentent également une fréquence non négligeable de journées avec un indice ATMO qualifié de "mauvais" : jusqu'à une cinquantaine de jours, soit 15% des jours. Les communes avec le plus grand nombre de jours "mauvais" sont situées dans la vallée du Rhône, à la croisée des zones les plus touchées par l'ozone et par les PM2.5.
La répartition des indices ATMO en 2025 reste globalement similaire aux années précédentes. Les parts respectives des indices "bon", "moyen" ou "dégradé" n’évoluent que très légèrement d'une année sur l'autre, ce qui est principalement lié à la prépondérance de l'ozone dans le calcul de l'indice. La part des indices "mauvais" varie un peu plus d'une année sur l'autre, en fonction de la météo plus ou moins favorable aux pics d'ozone et de particules.
L'ozone est le polluant donnant l'indice dans la majorité des cas : 93.5% du temps en moyenne, variant entre 71 et 100% des jours selon les communes.
Les autres polluants contribuent de manière plus limitée à l'indice :
- PM2.5, 4.5% du temps en moyenne, entre 0 et 19% des jours selon les communes ;
- PM10, 1.2% du temps en moyenne, entre 0 et 5% des jours selon les communes.
- NO2, 0.7% du temps en moyenne, entre 0 et 21% des jours selon les communes ;
Il existe actuellement un fort déséquilibre entre le poids de l’ozone dans le calcul de l’indice ATMO et son impact sanitaire réel. En effet, si l’ozone contribue fortement à la note de l’indice, son rôle dans les effets sanitaires est plus modeste selon les chiffres de l'Agence Européenne pour l'Environnement (2025) :
- Ozone, 15 à 16 décès par an pour 100 000 habitants en région Sud quel que soit le type de zone,
- Particules PM2.5, entre 20 décès/an/100khab. en zone rurale et 29 décès/an/100khab. en centre-ville,
- Dioxyde d’azote, entre 0 décès/an/100khab. en zone rurale et 14 décès/an/100khab. en centre-ville.
Cette surreprésentation de l’ozone dans l’indice actuel s’explique par la méthode de calcul qui était utilisée au niveau européen jusqu'à début 2025, qui a servi de modèle à l'indice ATMO français, et qui donne un poids disproportionné aux faibles concentrations d'ozone par rapport aux autres polluants. L'indice européen a été entre temps révisé pour corriger ce déséquilibre, et l'indice Atmo devrait s'aligner dans le courant de l'année 2026 (cf. onglet EAQI).
L'indice européen de qualité de l'air (EAQI) est un indice horaire, calculé sur les stations de mesures ou les mailles de modèles, à partir des données de PM2.5, PM10, O3, NO2 et SO2. Il va devenir réglementaire d'ici fin 2026 avec l'application de la nouvelle directive européenne. A terme, l'indice Atmo devrait utiliser les mêmes règles de calcul que l'indice européen.
L'EAQI est majoritairement "moyen" sur les stations de fond. Les sites ruraux ont une proportion d'indices "bons" et "moyens" plus élevés que les sites urbains et périurbains. Sur les sites trafic les plus exposés, l'indice est le plus souvent "dégradé".
Les indices "bons" ne sont généralement observés qu'en deuxième partie de nuit ou au petit matin, plutôt en hiver et par temps de pluie.
La contribution des différents polluants à l'indice varie largement en fonction du type d'environnement et de la saison :
- Dans les zones rurales, loin des sources, l'ozone domine largement (75-90%), suivi des particules issues du chauffage domestique de la zone, d'aérosols secondaires à l'échelle régionale ou de transferts à plus grande échelle : particules sahariennes... Le NO2 ne donne jamais l'indice dans ces zones.
- Dans les zones périurbaines et urbaines peu denses, les particules et l'ozone sont généralement au coude-à-coude, avec une contribution plus faible du NO2.
- Dans les zones urbaines denses, le NO2 a une contribution plus forte dans l'indice que l'ozone et les PM.
- A proximité des axes à fort trafic, le NO2 devient majoritaire.
- En dehors de certains épisodes ponctuels à proximité directe des quelques sources industrielles émettrices, les niveaux de SO2 sont trop faibles pour influencer les valeurs de l'EAQI en région Sud.
Les particules contribuent généralement plus à l'indice en période froide (chauffage domestique) et durant les épisodes de poussières sahariennes, tandis que l'ozone contribue d'avantage entre avril et septembre.
Remarque : sur les graphiques précédents, les valeurs d'ozone utilisées pour les stations trafic sont celles du site de fond le plus proche (les sites trafic ne disposent pas de mesures d'ozone propres).
ICAIR
Indicateur
Cumulé
AIR
ICAIR est un indicateur développé par AtmoSud afin de mieux rendre compte de l’exposition aux multiples polluants atmosphériques. Il est complémentaire aux indices Atmo et EAQI, en évitant la "domination" saisonnière par un seul polluant (notamment l'ozone en été, qui a tendance à masquer les variations locales).
- Il prend en compte le cumul pondéré des 4 principaux polluants – PM10, PM2.5, O₃ et NO₂ – pour calculer une valeur unique d’évaluation de la qualité de l’air. Concernant les particules, seule la valeur pondérée la plus élevée entre les PM2.5 et les PM10 est retenue, pour éviter les doubles comptes.
- Il est calculé avec une résolution spatiale de 25 mètres sur toute la région (modélisation HD avec assimilation des mesures). Il peut également être calculé directement sur les mesures aux stations.
ICAIR existe en version horaire, pour le suivi au quotidien, et en version annuelle pour l'exposition chronique.

ICAIRh, la version horaire, avec une prévision sur 24 h pour pouvoir prendre en compte le niveau de pollution dans les activités quotidiennes. Elle est basée sur les échelles de l'indice européen.
En mars 2025, l'Agence Européenne de l'Environnement a abaissé les seuils de l'indice européen afin de mieux refléter les Lignes Directrices OMS et les exigences de la nouvelle directive européenne 2024/2881 "Pour un Air plus Pur pour l'Europe". En conséquence, les valeurs d'ICAIRh seront plus élevées en 2026 qu'elles ne l'étaient en 2025, à niveau de pollution équivalent.
L'indice horaire est consultable sur la page d'accueil du site d'AtmoSud.

ICAIR365, la version annuelle, pour rendre compte de la pollution chronique, qui a le principal impact sur la santé. Elle est basée sur les lignes directrices OMS annuelles. C'est le seul indice annuel multipolluant disponible aujourd'hui pour rendre compte de la pollution chronique.
En 2025, les ICAIR365 vont de valeurs légèrement inférieures à 3 dans les zones naturelles des Alpes, jusqu'à plus de 8 sur les grand boulevards urbains. Les valeurs peuvent même dépasser 10 sur les environnements les plus pollués (tête de tunnels, grands carrefours...). Les indices varient généralement entre 4 et 6 dans les centres-villes selon la densité de bâti et de trafic automobile sur la zone.
La part de l'ozone est quasiment constante sur la région, ce polluant apportant entre 1.5 et 1.8 points d'indice sur la majeure partie de la région. Les écarts viennent principalement du dioxyde d'azote (entre 0.2 et 5 points d'indice) et des particules fines (entre 1 et 2.5 points d'indice).
Remarque : sur le graphique précédent, les valeurs d'ozone utilisées pour les stations trafic sont celles du site de fond le plus proche (les sites trafic ne disposent pas de mesures d'ozone propres).